il vangelo secondo matteo locandina e1505110984342

IL VANGELO SECONDO MATTEO

L’ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU

Pier Paolo Pasolini

0h 2min
1964
Story of IL VANGELO SECONDO MATTEO
IL VANGELO SECONDO MATTEO L’ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU À travers des scènes de la vie du Christ, de l’Annonciation à la Passion, l’adaptation de Pasolini est une fidèle reconstitution de L’Évangile selon Matthieu.   « Un homme est au centre de l’image. Au centre du monde. Indifférent au jour et à la nuit, il prêche, invoque, harangue, convoque, exhorte et provoque. Tel un chef de guerre, il appelle à aimer «vos ennemis et [prier] pour ceux qui vous persécutent». La scène est sublime, d’une simplicité martiale. Appel paradoxal, livre exalté, exaltant et personnage complexe (Jésus et/ou Pasolini ?), on ne pouvait rêver meilleure trinité pour cette lecture de la vie du Christ. La vision de Pasolini est riche d’émotions, de sens, d’humilité et de distance. [...] Les rapports de Pasolini au catholicisme et à la religion en général ont toujours été difficiles. Iconoclaste, le cinéaste écope d’une condamnation pour blasphème envers la religion d’état pour son sketch La Ricotta, relatant un tournage de cinéma sur la vie du Christ (pour le film à sketches ROGOPAG dont les autres segments sont réalisés en 1963 par Roberto Rossellini, Jean-Luc Godard et Ugo Gregoretti). Blasphème ? Depuis longtemps, Pasolini essaie de comprendre un sens du sacré profane qu’il porte en lui, un sacré déconnecté de la religion. Ce qui lui fera dire plus tard à propos de L’Évangile : «Je ne crois pas que le Christ soit le fils de Dieu, parce que je ne suis pas croyant, du moins consciemment. Mais je crois que le Christ est divin : autrement dit, je crois qu’en lui, l’humanité est si élevée, si rigoureuse, si idéale qu’elle va au-delà des termes ordinaires de l’humanité ». » Leo Soesanto, dvdclassik.com,  12 décembre 2003  

Les deux précédents films de Pasolini (et Mamma Roma, plus encore qu'Accattone) tendaient déjà vers le symbolisme christique. Pasolini était donc préparé à faire l'Évangile, un peu comme Brooks, par les Karamazov (dont T.E. Lawrence disait qu'il était le 5e évangile), à faire Elmer Gantry.

Autre chose le qualifiait pour réussir cette expérience unique : le fait d'être « en dehors ». Cela lui permettait de foncer dans le tas sans « complexes », de tout voir d'un regard neuf, et de décaper l'évangile, comme fait Malraux pour les monuments, afin de nous le rendre dans sa vigueur première. C'est l'esprit de hardiesse : s'attaquer au monument, joint à l'esprit de soumission : le respecter. Mais cette soumission elle-même était un risque dans la mesure où elle pouvait déconcerter tout le monde : et les athées, susceptibles de regretter l'orthodoxie du propos, et les catholiques qui ont en général peu ou mal lu le livre. L'intransigeance a payé. Tout le monde est content. Et pour de bonnes raisons. Le principe est donc l'illustration pure et simple du texte (à noter que Pasolini choisit -questions d'affinités - l'évangile le plus sec et le plus « polémique »), mais celui-ci se trouve incarné dans la réalité des décors et des personnages, et à travers la sensibilité de l'époque et de l'auteur, lequel se sent d'autant plus libre qu'il a accepté la contrainte de la fidélité. Guidé par cette barrière, il peut, à l'intérieur de celle-ci, se permettre des tas de choses qu'autrement il n'eût pu ou osé faire et qu'en tout cas n'eussent pas osé faire (à égalité d'honnêteté et d'intelligence) un catholique ou un marxiste de stricte obédience, tous deux également, quoique différemment complexes. Par ailleurs, le film satisfait aussi les stylistes (qui voient de la recherche là où il n'y a qu'aboutissement, mais enfin qui voient et c'est là le principal) et même les amateurs de peinture qui citent des noms de peintres anciens. Ici, je ne dis pas qu'ils ont tort, simplement qu'il était impossible que la voie de Pasolini ne recoupe en certains points les voies autrefois suivies, à partir des mêmes thèmes, et avec la même volonté de fidélité, à la fois au texte, à leur époque, et à eux-mêmes, par des artistes dont la personnalité, au surplus, ne devait pas être tellement différente de celle de Pasolini. Convergences.

Michel Delahaye, Cahiers du cinéma n° 166-167, mai-juin 1965

  Pour se préparer au tournage du film, Pasolini s’est rendu en Palestine. À son retour il réalise un documentaire qui relate ses repérages : Sopralluoghi in Palestina per il Vangelo secondo Matteo (Repérages en Palestine pour L'Évangile selon saint Matthieu). Le film sera finalement tourné dans le sud de l’Italie et notamment en Basilicate à Barile, Avigliano et dans les Sassi de Matera.
    • IL VANGELO SECONDO MATTEO

      L’ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU

      À travers des scènes de la vie du Christ, de l’Annonciation à la Passion, l’adaptation de Pasolini est une fidèle reconstitution de L’Évangile selon Matthieu.

       

      « Un homme est au centre de l’image. Au centre du monde. Indifférent au jour et à la nuit, il prêche, invoque, harangue, convoque, exhorte et provoque. Tel un chef de guerre, il appelle à aimer «vos ennemis et [prier] pour ceux qui vous persécutent». La scène est sublime, d’une simplicité martiale. Appel paradoxal, livre exalté, exaltant et personnage complexe (Jésus et/ou Pasolini ?), on ne pouvait rêver meilleure trinité pour cette lecture de la vie du Christ. La vision de Pasolini est riche d’émotions, de sens, d’humilité et de distance. [...]
      Les rapports de Pasolini au catholicisme et à la religion en général ont toujours été difficiles. Iconoclaste, le cinéaste écope d’une condamnation pour blasphème envers la religion d’état pour son sketch La Ricotta, relatant un tournage de cinéma sur la vie du Christ (pour le film à sketches ROGOPAG dont les autres segments sont réalisés en 1963 par Roberto Rossellini, Jean-Luc Godard et Ugo Gregoretti).
      Blasphème ? Depuis longtemps, Pasolini essaie de comprendre un sens du sacré profane qu’il porte en lui, un sacré déconnecté de la religion. Ce qui lui fera dire plus tard à propos de L’Évangile : «Je ne crois pas que le Christ soit le fils de Dieu, parce que je ne suis pas croyant, du moins consciemment. Mais je crois que le Christ est divin : autrement dit, je crois qu’en lui, l’humanité est si élevée, si rigoureuse, si idéale qu’elle va au-delà des termes ordinaires de l’humanité ». »

      Leo Soesanto, dvdclassik.com,  12 décembre 2003

       

      Les deux précédents films de Pasolini (et Mamma Roma, plus encore qu'Accattone) tendaient déjà vers le symbolisme christique. Pasolini était donc préparé à faire l'Évangile, un peu comme Brooks, par les Karamazov (dont T.E. Lawrence disait qu'il était le 5e évangile), à faire Elmer Gantry.

      Autre chose le qualifiait pour réussir cette expérience unique : le fait d'être « en dehors ». Cela lui permettait de foncer dans le tas sans « complexes », de tout voir d'un regard neuf, et de décaper l'évangile, comme fait Malraux pour les monuments, afin de nous le rendre dans sa vigueur première. C'est l'esprit de hardiesse : s'attaquer au monument, joint à l'esprit de soumission : le respecter. Mais cette soumission elle-même était un risque dans la mesure où elle pouvait déconcerter tout le monde : et les athées, susceptibles de regretter l'orthodoxie du propos, et les catholiques qui ont en général peu ou mal lu le livre. L'intransigeance a payé. Tout le monde est content. Et pour de bonnes raisons. Le principe est donc l'illustration pure et simple du texte (à noter que Pasolini choisit -questions d'affinités - l'évangile le plus sec et le plus « polémique »), mais celui-ci se trouve incarné dans la réalité des décors et des personnages, et à travers la sensibilité de l'époque et de l'auteur, lequel se sent d'autant plus libre qu'il a accepté la contrainte de la fidélité. Guidé par cette barrière, il peut, à l'intérieur de celle-ci, se permettre des tas de choses qu'autrement il n'eût pu ou osé faire et qu'en tout cas n'eussent pas osé faire (à égalité d'honnêteté et d'intelligence) un catholique ou un marxiste de stricte obédience, tous deux également, quoique différemment complexes. Par ailleurs, le film satisfait aussi les stylistes (qui voient de la recherche là où il n'y a qu'aboutissement, mais enfin qui voient et c'est là le principal) et même les amateurs de peinture qui citent des noms de peintres anciens. Ici, je ne dis pas qu'ils ont tort, simplement qu'il était impossible que la voie de Pasolini ne recoupe en certains points les voies autrefois suivies, à partir des mêmes thèmes, et avec la même volonté de fidélité, à la fois au texte, à leur époque, et à eux-mêmes, par des artistes dont la personnalité, au surplus, ne devait pas être tellement différente de celle de Pasolini. Convergences.

      Michel Delahaye, Cahiers du cinéma n° 166-167, mai-juin 1965

       

      Pour se préparer au tournage du film, Pasolini s’est rendu en Palestine. À son retour il réalise un documentaire qui relate ses repérages : Sopralluoghi in Palestina per il Vangelo secondo Matteo (Repérages en Palestine pour L'Évangile selon saint Matthieu). Le film sera finalement tourné dans le sud de l’Italie et notamment en Basilicate à Barile, Avigliano et dans les Sassi de Matera.

    • Réalisation
      Pier Paolo Pasolini
    • Scénario
      Pier Paolo Pasolini
    • Image
      Tonino Delli Colli
    • Montage
      Nino Baragli
    • Musique
      coordination Luis E. Bacalov, extraits de Bach, Mozart, Prokofiev, Webern, Missa Luba co
    • Producteur (s)
      Alfredo Bini
    • Productions
      Arco Film, Lux Compagnie Cinématographique de France
    • Distribution France
      Carlotta Films
    • Interprètes
      Enrique Irazoqui, Margherita Caruso, Susanna Pasolini, Marcello Morante, Mario Socrate, Settimio Di Porto, Otello Sestili, Ferruccio Nuzzo, Giacomo Morante, Alfonso Gatto, Enzo Siciliano
    • Année
      1964
    • Durée
      2h 17
    • Pays de production
      Italie, France
    • Format
      VOST
    • Citation
      C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi. Et c’est toi qui viens à moi.
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