IO SONO LI

IO SONO LI

LA PETITE VENISE

Andrea Segre

0h 1min
2026
Story of IO SONO LI
IO SONO LI LA PETITE VENISE

Shun Li (Zhao Tao) est une jeune Chinoise qu’un réseau de passeurs a fait venir en Italie pour travailler. Elle doit rembourser son voyage et économiser pour faire venir son fils. Elle est entièrement à la merci de ses « employeurs » qui décident de ses affectations. C’est ainsi qu’un beau jour elle arrive à Chioggia pour être serveuse dans un bistrot qu’ils ont acheté.

Chioggia est une petite ville de la lagune, au sud de Venise. Bien moins touristique que sa fameuse voisine, elle vit de la pêche. La vie s’y déroule tranquillement, rythmée par les départs et les retours des bateaux que regardent distraitement les pêcheurs retraités, attablés aux terrasses des cafés. Bepi (Rade Serbedzija), immigré de Yougoslavie depuis bien longtemps, est l’un d’eux. Ses amis le surnomment le Poète pour sa capacité à improviser des bouts rimés. Ce petit groupe, pour lequel le monde semble immuable, découvre un beau matin la petite Chinoise derrière le comptoir de "leur"café.

Li est inexpérimentée, mal à l’aise avec la langue et intimidée par les clients. Bepi lui vient en aide et peu à peu ils deviennent amis. Mais leur amitié est vue d’un mauvais œil. Les amis de Bepi craignent que Li veuille l’embobiner et lui soutirer de l’argent et les patrons de Li que ces histoires nuisent à leurs affaires. Elle finit par être mutée. La vie continue.

 

Sur le papier, le pitch de ce mini-drame vénitien pouvait faire peur : un vieil homme tombe amoureux d'une jeune Chinoise sans papiers, donc exploitée et maltraitée par des racistes de passage. Et pourtant, miracle du cinéma, cette Petite Venise - premier long métrage d'un cinéaste venu du documentaire - évite tous les pièges du mélo ou du film « fait de société » et emmène ses personnages au-delà de leur intimité profonde. En restant au plus près de leur psychologie intérieure, la caméra parvient à les isoler et les priver - du moins un court instant - de leur présent contrarié. La lagune vénitienne, loin de l'imagerie touristique, offre ici un cadre très expressif. Une réussite !

Thomas Baurez, Studio Ciné Live, 12 juin 2012

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      IO SONO LI
      LA PETITE VENISE

      Shun Li (Zhao Tao) est une jeune Chinoise qu’un réseau de passeurs a fait venir en Italie pour travailler. Elle doit rembourser son voyage et économiser pour faire venir son fils. Elle est entièrement à la merci de ses « employeurs » qui décident de ses affectations. C’est ainsi qu’un beau jour elle arrive à Chioggia pour être serveuse dans un bistrot qu’ils ont acheté.
      Chioggia est une petite ville de la lagune, au sud de Venise. Bien moins touristique que sa fameuse voisine, elle vit de la pêche. La vie s’y déroule tranquillement, rythmée par les départs et les retours des bateaux que regardent distraitement les pêcheurs retraités, attablés aux terrasses des cafés. Bepi (Rade Serbedzija), immigré de Yougoslavie depuis bien longtemps, est l’un d’eux. Ses amis le surnomment le Poète pour sa capacité à improviser des bouts rimés. Ce petit groupe, pour lequel le monde semble immuable, découvre un beau matin la petite Chinoise derrière le comptoir de "leur"café.
      Li est inexpérimentée, mal à l’aise avec la langue et intimidée par les clients. Bepi lui vient en aide et peu à peu ils deviennent amis. Mais leur amitié est vue d’un mauvais œil. Les amis de Bepi craignent que Li veuille l’embobiner et lui soutirer de l’argent et les patrons de Li que ces histoires nuisent à leurs affaires. Elle finit par être mutée. La vie continue.

      « Vous adorez Venise, les promenades du côté de l'Arsenal, le soir qui tombe sur la Giudecca, les pâtes aux coquillages dans la petite osteria du coin ? Courez voir La petite Venise, qui dévoile l'autre visage, soigneusement dissimulé aux touristes, de la Sérénissime : celui que seuls connaissent les travailleurs de la lagune. Le cinéaste Andrea Segre raconte l'amitié inattendue d'une immigrée chinoise et d'un pêcheur du coin. Elle a dû quitter son pays, cherche ses repères dans un monde suspendu entre ciel et eau ; il voit sa ville disparaître sous le flot incessant des visiteurs.
      Cette histoire poignante d'une petite Venise broyée par la grande est traitée avec une sensibilité exquise d'un cinéaste dont c'est ici le premier long-métrage, et dont on surveillera attentivement l'œuvre à venir. Au-delà du portrait inattendu d'une ville que tous croient connaître, le film est aussi un très beau portrait de femme, celui de Shun Li, la jeune Chinoise, que joue la magnifique Zhao Tao, interprète des films de son compatriote Jia Zhang-Ké. Un film remarquable à ne manquer sous aucun prétexte. »
      Florence Colombani, Le Point, 11 juin 2012

      « Sur le papier, le pitch de ce mini-drame vénitien pouvait faire peur : un vieil homme tombe amoureux d'une jeune Chinoise sans papiers, donc exploitée et maltraitée par des racistes de passage. Et pourtant, miracle du cinéma, cette Petite Venise - premier long métrage d'un cinéaste venu du documentaire - évite tous les pièges du mélo ou du film « fait de société » et emmène ses personnages au-delà de leur intimité profonde. En restant au plus près de leur psychologie intérieure, la caméra parvient à les isoler et les priver - du moins un court instant - de leur présent contrarié. La lagune vénitienne, loin de l'imagerie touristique, offre ici un cadre très expressif. Une réussite ! »
      Thomas Baurez, Studio Ciné Live, 12 juin 2012

      « Voilà un film comme on en voit rarement, un film tout simple sur l’amitié belle et sincère. […] La mise en scène sensible retranscrit avec naturel les silences et les sourires timides de ces deux personnages, tout heureux d’avoir trouvé un compagnon à qui se confier.
      À l’image des cabanes de pêcheurs suspendues au-dessus de l’eau dans un fouillis de bric et de broc, les destinées de Li et Bepi vacillent, tributaires de la vieillesse et du déchirement. Pourtant elles restent à flots, contre vents, marées et intolérance. Dans ce petit village, l’arrivée de cette serveuse chinoise attise la curiosité des habitants, peu habitués aux étrangers. La conjoncture économique qui dessert le petit port de pêche exacerbe les rancœurs et met en danger l’intégration de Li au travers d’un personnage : Devis (Giuseppe Battiston). Hargneux, et résolument fasciste, ce dernier emmène l’histoire dans un registre nettement plus dramatique.
      Comme les histoires d’amour, les histoires d’amitié prennent de l’envergure une fois qu’elles sont menacées. Andrea Segre conjugue ainsi habilement la beauté du récit avec son côté sombre. Il en est de même pour le décor du film. Le choix de Chioggia, petite “Venise” aux alentours de l’originale, offre l’horizon sublime du soleil italien sur la lagune tout en évoquant les répercussions de la crise. Le film offre ainsi la vision singulière d’un monde en mutation au travers de deux personnages différents et si proches à la fois. Une œuvre sensible et joliment attachante. »
      Gaëlle Bouché, abusdecine.com, 13 juin 2012

    • Réalisation
      Andrea Segre
    • Scénario
      Andrea Segre, Marco Pettenello
    • Image
      Luca Bigazzi
    • Montage
      Sara Zavarise
    • Producteur (s)
      Francesco Bonsembiante, Francesca Feder
    • Productions
      Jolefilm, Aeternam Films, Rai Cinema, Arte France Cinéma, avec le soutien de Eurimages et la région Veneto
    • Distribution France
      Haut et Court
    • Interprètes
      Zhao Tao, Rade Serbedzija, Marco Paolini, Roberto Citran, Giuseppe Battiston
    • Année
      2011
    • Durée
      1h 36
    • Pays de production
      Italie, France
    • Format
      VOST
    • Citation
      La mafia chinoise envoie des femmes en Italie, elle leur fait épouser des vieux et elle garde les héritages.
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