LA PORTA DEL CIELO

LA PORTA DEL CIELO

LA PORTE DU CIEL

Vittorio De Sica

0h 1min
2023
Story of LA PORTA DEL CIELO
LA PORTA DEL CIELO LA PORTE DU CIEL   "Le film a été voulu par le Vatican, ou plutôt par le Centra Cattolico Cinematografico, dirigé à l'époque par Diego Fabbri auteur du scénario avec Cesare Zavattini... La singularité du film tient aux circonstances de sa réalisation. Le tournage débute en novembre 1943, dans Rome occupée par les Allemands qui ont démantelé Cinecittà et ont transféré tous les équipements à Venise, à Cinevillaggio, sur l'île de la Giudecca. De nombreux réalisateurs et techniciens s'y déplacent, par conviction ou par incapacité à s'opposer. C'est là que De Sica se montre génial. Quand on lui demande de gagner Venise, il répond qu'il est en train de tourner un film pour le Vatican et qu'il doit donc rester Rome, avec toute sa troupe, d'ailleurs. Comme par hasard cette troupe grossit de jour en jour et De Sica, par une forme particulière de résistance, fait traîner le tournage, pour retarder autant que possible l'achèvement du film et le déplacement vers Venise qui en découlerait inévitablement. Par ailleurs, le sujet le permet : c'est l'histoire d'un train de malades qui se rend à Lorette pour implorer la guérison dans le sanctuaire de la Vierge. A chaque arrêt quelqu'un monte, et chaque jour le générique s'allonge. On va y trouver un ouvrier aveugle, victime d'un accident de travail (Masimo Girotti), une infirmière (Marina Berti), un pianiste qui ne peut plus jouer à cause d'une maladie aux mains, un riche commerçant paralysé, et des enfants malades, des fillettes seules au monde ainsi qu'une dame provocante qui n 'a pas grand chose à voir avec le sujet mais qui, de toute évidence, avait besoin d'un rôle pur rester à Rome. Le tournage dure sept mois, toujours dans l'attente des alliés qui remontent la péninsule. Le3 juin 1944, on tourne une des scènes finales, avec trois mille figurants dans la basilique de Saint-Paul, transformée en sanctuaire de Lorette, pendant que se déroule la bataille qui deux jours après va déboucher sur la libération de Rome. Une fois que les alliés sont là, il suffit d'une semaine et le tournage s'achève. Le film sort à Rome en novembre 44, et dans le nord après la Libération. " Alberto Farassino, la Repubblica, 12 juillet 2000   On ignore pourquoi le Vatican, par le biais du Centra Cattolico Cinematografico, s'est lancé dans une aventure aussi hasardeuse. Aucune hypothèse n'est satisfaisante pour l'esprit. Ou alors, elle paraît trop belle. Il s'agissait, bien évidemment d'un film de propagande, mais cela ne suffit pas à justifier l'engagement financier que le film a demandé et d'autant moins le moment choisi pour commencer le tournage. Il se peut que le projet (et le budget y afférent) ait été bâti avant l'armistice dans le but de marquer la présence catholique dans le cinéma à la veille des grands bouleversements qui s'annonçaient, comme si l'on avait craint une hégémonie future des communistes sur Cinecittà; mais même dans ce cas, on ne s'explique pas pourquoi le projet est allé de l'avant malgré le bouleversement politique et militaire dramatique que fut l'occupation de Rome. " 'Ugo Plirro, Celluloide, Einaudi, Torino, 1995
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      LA PORTE DU CIEL

       

      "Le film a été voulu par le Vatican, ou plutôt par le Centra Cattolico Cinematografico, dirigé à l'époque par Diego Fabbri auteur du scénario avec Cesare Zavattini... La singularité du film tient aux circonstances de sa réalisation. Le tournage débute en novembre 1943, dans Rome occupée par les Allemands qui ont démantelé Cinecittà et ont transféré tous les équipements à Venise, à Cinevillaggio, sur l'île de la Giudecca. De nombreux réalisateurs et techniciens s'y déplacent, par conviction ou par incapacité à s'opposer. C'est là que De Sica se montre génial. Quand on lui demande de gagner Venise, il répond qu'il est en train de tourner un film pour le Vatican et qu'il doit donc rester Rome, avec toute sa troupe, d'ailleurs. Comme par hasard cette troupe grossit de jour en jour et De Sica, par une forme particulière de résistance, fait traîner le tournage, pour retarder autant que possible l'achèvement du film et le déplacement vers Venise qui en découlerait inévitablement. Par ailleurs, le sujet le permet : c'est l'histoire d'un train de malades qui se rend à Lorette pour implorer la guérison dans le sanctuaire de la Vierge. A chaque arrêt quelqu'un monte, et chaque jour le générique s'allonge. On va y trouver un ouvrier aveugle, victime d'un accident de travail (Masimo Girotti), une infirmière (Marina Berti), un pianiste qui ne peut plus jouer à cause d'une maladie aux mains, un riche commerçant paralysé, et des enfants malades, des fillettes seules au monde ainsi qu'une dame provocante qui n 'a pas grand chose à voir avec le sujet mais qui, de toute évidence, avait besoin d'un rôle pur rester à Rome. Le tournage dure sept mois, toujours dans l'attente des alliés qui remontent la péninsule. Le3 juin 1944, on tourne une des scènes finales, avec trois mille figurants dans la basilique de Saint-Paul, transformée en sanctuaire de Lorette, pendant que se déroule la bataille qui deux jours après va déboucher sur la libération de Rome. Une fois que les alliés sont là, il suffit d'une semaine et le tournage s'achève. Le film sort à Rome en novembre 44, et dans le nord après la Libération. "

      Alberto Farassino, la Repubblica, 12 juillet 2000

       

      On ignore pourquoi le Vatican, par le biais du Centra Cattolico Cinematografico, s'est lancé dans une aventure aussi hasardeuse. Aucune hypothèse n'est satisfaisante pour l'esprit. Ou alors, elle paraît trop belle. Il s'agissait, bien évidemment d'un film de propagande, mais cela ne suffit pas à justifier l'engagement financier que le film a demandé et d'autant moins le moment choisi pour commencer le tournage. Il se peut que le projet (et le budget y afférent) ait été bâti avant l'armistice dans le but de marquer la présence catholique dans le cinéma à la veille des grands bouleversements qui s'annonçaient, comme si l'on avait craint une hégémonie future des communistes sur Cinecittà; mais même dans ce cas, on ne s'explique pas pourquoi le projet est allé de l'avant malgré le bouleversement politique et militaire dramatique que fut l'occupation de Rome. "

      'Ugo Plirro, Celluloide, Einaudi, Torino, 1995

    • Réalisation
      Vittorio De Sica
    • Scénario
      Cesare Zavattini, Diego Fabbri, Vittorio De Sica, Adoifo Franci, Carlo Musso
    • Image
      Aldo Tonti
    • Montage
      Mario Bonotti
    • Musique
      Enzo Masetti
    • Producteur (s)
      Salvo D'Angelo
    • Productions
      Orbis Copie
    • Interprètes
      Marina Berti, Elettra Druscovich, Giuseppe Forcina, Massimo Girotti, Giovanni Grasso, Roldano Lupi, Maria Mercader, Carlo Ninchi, Elli Parvo, Amelia Bissi, Cristiano Cristiani, Pina Piovani
    • Année
      1944
    • Durée
      1h 30
    • Pays de production
      Italie
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