LUCKY LUCIANO

LUCKY LUCIANO

0h 1min
1973
Story of LUCKY LUCIANO
LUCKY LUCIANO 15 avril 1931. Giuseppe Masseria, le boss de la mafia new-yorkaise, est abattu. L’instigateur de l’attentat est son lieutenant, Salvatore Luciana, alias Charles Lucky Luciano. 10 septembre 1931. Au cours de la « nuit des Vêpres Siciliennes », quarante chefs mafieux des États-Unis sont éliminés. A trente-quatre ans, Lucky Luciano est désormais l’homme tout-puissant de la mafia. 1935. Le jeune procureur Thomas Dewey parvient à faire arrêter Luciano pour incitation à la prostitution. Luciano est condamné à trente-cinq ans de prison. 10 juillet 1943. Les Anglo-américains débarquent en Sicile et occupent rapidement toute l’île. Ils remontent ensuite la péninsule jusqu’à Naples qui est libérée le 1er octobre. Une singulière collaboration s’est instaurée entre les forces alliées et la mafia pour réorganiser la vie civile et politique. Vito Genovese, un proche de Luciano, est l’interprète officiel du gouverneur des forces alliées pour l’Italie. Ainsi, la mafia sicilienne renaît et prospère dans tout le sud et bientôt dans tout le territoire. Février 1946. Thomas Dewey, devenu gouverneur de l’État de New-York, gracie Luciano, après neuf ans de détention, pour services rendus à l’armée américaine. Jugé indésirable, il est rapatrié en Italie. Luciano voyage entre Palerme, Rome et Naples où il s’établit. Les sociétés italo-américaines d’import-export se multiplient. Parallèlement le trafic de drogue s’intensifie. Convaincu de l’implication de Luciano, le « Narcotics Bureau » confie en 1950 l’enquête à Charles Siragusa, d’origine sicilienne comme Luciano. Aucune charge concrète ne sera retenue contre Luciano malgré toute l’activité de Siragusa qui est relevé de ses fonctions en 1958. 1961. Une vaste opération contre le trafic de stupéfiants est menée à l’échelle européenne. La Brigade des Finances italienne resserre l’étau sur Luciano qui succombe à une crise cardiaque à l’aéroport de Naples, le 26 janvier 1962. Le film débute le 11 février 1946 dans le port de New-York où les pontes de la mafia viennent saluer le « boss des boss » qui embarque pour son pays natal. Puis s’entrecroisent les époques et les lieux, et les éléments du puzzle s’assemblent pour écrire l’histoire d’un homme qui s’inscrit dans l’Histoire. Restent quelques zones d’ombre ; on ne découvre pas si facilement les secrets de la mafia.   Luciano représente la conception d’une Mafia nouvelle, politique ; et on touche là à ce qui m’intéresse : faire comprendre aux gens que la Mafia, ce n’est pas les coups de feu, les mitraillettes ; que ce n’est pas seulement cela, que c’est un vrai pouvoir politique et économique. La Mafia n’a pas de parti, elle est donc pour le pouvoir, pour l’ordre. Elle se laisse manipuler par le pouvoir légal pour, à son tour, manipuler le pouvoir légal. C’est cela leur interdépendance. Francesco ROSI, in Michel CIMENT, Le dossier Rosi, Editions Stock, 1976
    • LUCKY LUCIANO

      15 avril 1931. Giuseppe Masseria, le boss de la mafia new-yorkaise, est abattu. L’instigateur de l’attentat est son lieutenant, Salvatore Luciana, alias Charles Lucky Luciano.
      10 septembre 1931. Au cours de la « nuit des Vêpres Siciliennes », quarante chefs mafieux des États-Unis sont éliminés. A trente-quatre ans, Lucky Luciano est désormais l’homme tout-puissant de la mafia.
      1935. Le jeune procureur Thomas Dewey parvient à faire arrêter Luciano pour incitation à la prostitution. Luciano est condamné à trente-cinq ans de prison.
      10 juillet 1943. Les Anglo-américains débarquent en Sicile et occupent rapidement toute l’île. Ils remontent ensuite la péninsule jusqu’à Naples qui est libérée le 1er octobre. Une singulière collaboration s’est instaurée entre les forces alliées et la mafia pour réorganiser la vie civile et politique. Vito Genovese, un proche de Luciano, est l’interprète officiel du gouverneur des forces alliées pour l’Italie. Ainsi, la mafia sicilienne renaît et prospère dans tout le sud et bientôt dans tout le territoire.
      Février 1946. Thomas Dewey, devenu gouverneur de l’État de New-York, gracie Luciano, après neuf ans de détention, pour services rendus à l’armée américaine. Jugé indésirable, il est rapatrié en Italie.
      Luciano voyage entre Palerme, Rome et Naples où il s’établit. Les sociétés italo-américaines d’import-export se multiplient. Parallèlement le trafic de drogue s’intensifie. Convaincu de l’implication de Luciano, le « Narcotics Bureau » confie en 1950 l’enquête à Charles Siragusa, d’origine sicilienne comme Luciano. Aucune charge concrète ne sera retenue contre Luciano malgré toute l’activité de Siragusa qui est relevé de ses fonctions en 1958.
      1961. Une vaste opération contre le trafic de stupéfiants est menée à l’échelle européenne. La Brigade des Finances italienne resserre l’étau sur Luciano qui succombe à une crise cardiaque à l’aéroport de Naples, le 26 janvier 1962.

      Le film débute le 11 février 1946 dans le port de New-York où les pontes de la mafia viennent saluer le « boss des boss » qui embarque pour son pays natal. Puis s’entrecroisent les époques et les lieux, et les éléments du puzzle s’assemblent pour écrire l’histoire d’un homme qui s’inscrit dans l’Histoire. Restent quelques zones d’ombre ; on ne découvre pas si facilement les secrets de la mafia.

       

      Luciano représente la conception d’une Mafia nouvelle, politique ; et on touche là à ce qui m’intéresse : faire comprendre aux gens que la Mafia, ce n’est pas les coups de feu, les mitraillettes ; que ce n’est pas seulement cela, que c’est un vrai pouvoir politique et économique. La Mafia n’a pas de parti, elle est donc pour le pouvoir, pour l’ordre. Elle se laisse manipuler par le pouvoir légal pour, à son tour, manipuler le pouvoir légal. C’est cela leur interdépendance.

      Francesco ROSI, in Michel CIMENT, Le dossier Rosi, Editions Stock, 1976

    • Réalisation
      Francesco Rosi
    • Scenario
      Francesco Rosi, Lino Januzzi, Tonino Guerra
    • Image
      Pasquale De Santis
    • Montage
      Ruggero Mastroianni
    • Musique
      Piero Piccioni
    • Producer (s)
      Franco Cristaldi
    • Productions
      Vides, Films La Boétie
    • Distribution France
      Artédis
    • Interprètes
      Gian Maria Volonté, Rod Steiger, Edmond O’Brien, Charles Siragusa, Vincent Gardenia, Charles Cioffi, Silverio Blasi, Jacques Monod, Karin Petersen
    • Année
      1973
    • Durée
      1h 55
    • Pays de production
      Italie, France, USA
    • Citation
      "La mafia se laisse manipuler par le pouvoir légal pour manipuler à son tour le pouvoir légal."
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