Story of PANE E TULIPANI
PANE E TULIPANI
PAIN, TULIPES ET COMÉDIERosalba (Licia Maglietta) : la quarantaine, femme au foyer, mariée à Mimmo (Antonio Catania), patron d’une entreprise de sanitaire, avec qui elle a deux enfants. La famille revient d’une excursion touristique en autocar. Et puis, la tuile, Rosalba perd son alliance dans les WC d’un restauroute. Tentant de la récupérer, elle ne s’aperçoit pas que le bus et sa tribu partent sans elle. Vexée qu’ils aient pu l’oublier, elle décide de faire du stop. Une voiture en route pour Venise s’arrête. L’occasion est trop belle pour faire l’école buissonnière et passer un après-midi dans la ville du romantisme italien. Libre et resplendissante, elle découvre des endroits qui éveillent de plus en plus sa curiosité, pour arriver à en oublier l’heure, et manquer le train qui aurait dû la reconduire vers les siens, à Pescara. Le seul petit détail c’est qu’elle n’a pas grand-chose en poche, mais, au restaurant, Fernando (Bruno Ganz), le serveur islandais, lui propose de l’héberger pour la nuit. Le lendemain elle flâne dans les rues, s’arrête devant la vitrine d’un vieux fleuriste anarchiste (Felice Andreasi) qui cherche une employée, entre et réussit à se faire embaucher. Au diable le ménage de la grande maison et la popote pour tout le monde, elle veut vivre un peu pour elle-même. Pour rassurer sa famille, elle envoie une lettre. Le temps passe, Rosalba a commencé une nouvelle vie. Elle est devenue l’amie intime de sa voisine Grazia (Marina Massironi), esthéticienne masseuse, et encouragée par Fernando, elle s’est remise à jouer de l’accordéon, son ancienne passion. Petit à petit elle se détache de son rustre de mari et de sa routine ménagère. Du côté de Pescara, c’est la débandade complète, Mimmo, au bord de la crise de nerfs, sans plus aucune nouvelle, décide de la faire rechercher. Découvrant que Costantino (Giuseppe Battiston), l’un de ses employés « spécialiste en hydraulique », est un passionné de romans policiers, il l’engage comme détective privé. Malgré une avalanche de péripéties cocasses, Costantino finit par retrouver la trace de Rosalba, mais il est loin de se douter que son destin en sera tout aussi bouleversé.
Rosalba est l’archétype de la « ménagère des Abruzzes » chérie des sondeurs italiens, mariée à Mimmo, un lourdaud qui la trompe, mère de garçons déjà grands qui l’exploitent… Dans sa nouvelle vie, Rosalba (la craquante Licia Maglietta) va découvrir la fantaisie, le romanesque, l’humour et bien sûr l’amour dont elle a été privée jusque-là - Bruno Ganz est parfait en Islandais féministe écorchant l’italien. Alertement menée, superbement jouée, une comédie dans la grande tradition italienne, qui a remporté un énorme succès à domicile.
arte.tv, 30 novembre 2010« Rosalba sait quelle est la capitale de l'Islande grâce à ses souvenirs d'école : elle était douée en géographie. Et Silvio Soldini confirme, après par exemple Les Acrobates, son œil géographique, sa photographie d'une Italie divisée entre Nord et Sud, d'un pays où les témoignages historiques, les villes – le film commence à Paestum et se termine à Venise, avec des passages à Pescara – sont comme des îles reliées, même assez facilement, par des nœuds d'autoroute et un tissu conjonctif de non-lieux, stations-service, parkings, centres commerciaux, gares. La dimension road-movie du film est une fois de plus importante, tout comme la destination, une Venise invisible, souvent nocturne, celle des ruelles et des places, des petits hôtels sordides, des trattorias rudimentaires, des canaux infestés de crasse et de rats. Les tulipes ne viennent pas de Hollande comme tout le monde le croit, reproche Fermo, le vieux fleuriste anarchiste, mais de Perse, à tel point que Les Mille et Une Nuits en regorge. Ainsi, la Venise de Pane e tulipani n'est jamais une carte postale touristique. On n'aperçoit la place Saint-Marc et son campanile que dans le reflet des lunettes de Rosalba, telle qu'elle les voit pour la première fois, en extase. Seul son visage, sans contrechamp, comme ce sera le cas pour Costantino à la sortie de la gare, tout aussi enivré par cette première vision de la lagune. La Perse des tulipes, et la Chine défendue par Fernando pour son service de traiteur, dans sa trattoria appelée Marco Polo : Venise, autrefois centre du commerce mondial, se teinte de couleurs orientales. De même que Costantino colore le plan de la ville pour marquer les zones où il cherchait Rosalba, Luca Bigazzi peint la Sérénissime de nouvelles couleurs. Les couleurs sur les murs sont les affiches de Rosalba dont Costantino couvre la ville, à sa recherche. Et Rosalba, un autre merveilleux portrait féminin de Licia Maglietta, un personnage extrêmement ensoleillé, est également coloré, déjà avec son nom qui inclut la rose, et avec ses vêtements aux couleurs vives, avec des décorations florales. »
Giampiero Raganelli, quinlan.it, 28 mars 2021
- RéalisationSilvio Soldini
- ScénarioSilvio Soldini, Doriana Leondeff
- ImageLuca Bigazzi
- MontageCarlotta Cristiani
- MusiqueGiovanni Venosta
- Producteur (s)Daniele Maggioni
- ProductionsMonogatari Sri, Istituto Luce, Rai Radio Televisione Italiana, en coproduction avec Amka Films S.A. Lugano, TSI Televisione Svissera Italiana
- InterprètesLicia Maglietta, Bruno Ganz, Giuseppe Battiston, Marina Massironi, Antonio Catania, Felice Andreasi, Tatiana Lepore, Tiziano Cucchiarelli, Matteo Febo, Lina Bernardi, Ludovico Palladin, Antonia Miccoli, Mauro Marino
- Année2000
- Durée1h 55
- Pays de productionItalie,Suisse
- FormatVOST
- CitationJe ne voudrais pas brûler les étapes, mais on ne pourrait pas se tutoyer ?

