RITALS – DOMANI ME NE VADO

0h 1min
2021
Story of RITALS – DOMANI ME NE VADO
RITALS - DOMANI ME NE VADO   Les sœurs Chiarello ne sont pas allées bien loin pour nous parler d’émigration. Sur les 30 millions d’Italiens qui ont quitté leur pays en cent cinquante ans, elles ont choisi de s’intéresser d’abord à leur propre famille : père, mère, oncles et tantes qui, entre la fin des années 1950 et 1960, ont quitté Corsano (Pouilles) pour s’établir à Enghien (Val-d’Oise). Mais au-delà d’une simple chronique intime, nourrie d’extraits de films de famille en super 8, Ritals raconte aussi le déchirement face à l’exil. Vincenzo et Maria, les deux principaux protagonistes de ce documentaire tendre et inspiré, évoquent face à la caméra de leurs filles, leurs années de vaches maigres (maçonnerie pour lui, travaux de couture pour elle) dans un pays, la France, pas complètement hostile mais pas totalement accueillant non plus pour les « Ritals ». Ici, ce sont les détails qui disent mieux que les statistiques du Svimez [ndlr : Association pour le développement du Mezzogiorno] la douleur jamais effacée du déracinement : la peur devant les arbres profus et oppressants d’Ile-de-France pour Maria qui n’avait connu que les pins et les oliviers du Salento ; la difficulté presque insurmontable pour un Italien de lire le mot « beaucoup » quand, en Italie, quatre lettres suffiraient pour l’écrire. Vingt-cinq ans plus tard, les Chiarello referont le chemin inverse pour retourner à Corsano, fortune (pas tout à fait) faite. Sur les 30 millions d’émigrés italiens, 10 millions feront aussi la route du retour au pays. Après des centaines de dimanches passés à évoquer le pays autour de la table familiale, ils sont repartis dans les Pouilles. Trop italiens pour se sentir français, ils se retrouvent presque trop français pour demeurer tout à fait italiens. Biculturels à jamais, déplacés, dans tous les sens du terme, les Chiarello vivent désormais dans un «entre-deux», mélangeant les langues et les identités et multipliant les allers et retours. Personnel et universel à la fois, politique et sentimental, Ritals nous montre ce que les chiffres ne disent pas. Partir est une souffrance, revenir en est une autre. Philippe RIDET, Le Monde, 4 octobre 2011   Sophie et Anna-Lisa Chiarello, deux des quatre filles de Maria et Vincenzo, sont nées en France. En 1987 elles s’installent à Milan, à mi-chemin entre la région parisienne et les Pouilles. Elles vivent aujourd’hui en Italie.
 
    • RITALS - DOMANI ME NE VADO

       

      Les sœurs Chiarello ne sont pas allées bien loin pour nous parler d’émigration. Sur les 30 millions d’Italiens qui ont quitté leur pays en cent cinquante ans, elles ont choisi de s’intéresser d’abord à leur propre famille : père, mère, oncles et tantes qui, entre la fin des années 1950 et 1960, ont quitté Corsano (Pouilles) pour s’établir à Enghien (Val-d’Oise). Mais au-delà d’une simple chronique intime, nourrie d’extraits de films de famille en super 8, Ritals raconte aussi le déchirement face à l’exil. Vincenzo et Maria, les deux principaux protagonistes de ce documentaire tendre et inspiré, évoquent face à la caméra de leurs filles, leurs années de vaches maigres (maçonnerie pour lui, travaux de couture pour elle) dans un pays, la France, pas complètement hostile mais pas totalement accueillant non plus pour les « Ritals ». Ici, ce sont les détails qui disent mieux que les statistiques du Svimez [ndlr : Association pour le développement du Mezzogiorno] la douleur jamais effacée du déracinement : la peur devant les arbres profus et oppressants d’Ile-de-France pour Maria qui n’avait connu que les pins et les oliviers du Salento ; la difficulté presque insurmontable pour un Italien de lire le mot « beaucoup » quand, en Italie, quatre lettres suffiraient pour l’écrire. Vingt-cinq ans plus tard, les Chiarello referont le chemin inverse pour retourner à Corsano, fortune (pas tout à fait) faite. Sur les 30 millions d’émigrés italiens, 10 millions feront aussi la route du retour au pays. Après des centaines de dimanches passés à évoquer le pays autour de la table familiale, ils sont repartis dans les Pouilles. Trop italiens pour se sentir français, ils se retrouvent presque trop français pour demeurer tout à fait italiens. Biculturels à jamais, déplacés, dans tous les sens du terme, les Chiarello vivent désormais dans un «entre-deux», mélangeant les langues et les identités et multipliant les allers et retours. Personnel et universel à la fois, politique et sentimental, Ritals nous montre ce que les chiffres ne disent pas. Partir est une souffrance, revenir en est une autre.

      Philippe RIDET, Le Monde, 4 octobre 2011

       

      Sophie et Anna-Lisa Chiarello, deux des quatre filles de Maria et Vincenzo, sont nées en France. En 1987 elles s’installent
      à Milan, à mi-chemin entre la région parisienne et les Pouilles. Elles vivent aujourd’hui en Italie.

       

    • Réalisation
      Sophie Chiarello, Anna-Lisa Chiarello
    • Scénario
      Sophie Chiarello, Anna-Lisa Chiarello
    • Image
      Manuel Chiarello, Diana Palombaro, Sophie Chiarello, Anna-Lisa Chiarello
    • Producteur (s)
      Gianluca Arcopinto
    • Productions
      La Fabbrichetta
    • Interprètes
      Vincenzo Chiarello, Maria Bleve, Carmelo Chiarello,Luigi Chiarello, Biagio Chiarello, Filomena Lichetta, Marie-Claire Basile, Marino Bleve
    • Année
      2011
    • Durée
      1h 18
    • Pays de production
      Italie
    • Format
      VOST
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