SANGUE

SANGUE

Pippo Delbono

0h 1min
2021
Story of SANGUE
SANGUE

Étrange rencontre que celle de Pippo Delbono, homme de théâtre, comédien, cinéaste, et de Giovanni Sanziani, un ancien leader des Brigades Rouges arrêté en 1982 et libéré en 2010. Pippo Delbono veut dialoguer avec lui sur des sujets importants tels que l’idée de révolution, la violence, la mort. Mais voilà que la mort s’invite dans le film. C’est d’abord la mère de Pippo, Margeherita, malade, qui décède, suivie peu de temps après par Anna, la fidèle compagne de Giovanni qui l’a attendu jusqu’à la fin de sa peine. Les deux hommes se retrouvent seuls.

 « Un soir, j’étais au chevet de ma mère et, d’un geste anodin, elle me tendit un mouchoir rempli de son sang qu’elle perdait depuis un moment déjà. Me voyant chercher, embêté, un endroit où le poser, elle me dit sur son ton un peu brusque : "Mais enfin, dépose-le là… Ah, Pippo, tu es peut-être un grand artiste mais dans la vraie vie, tu ne sais absolument rien faire."

Quelques jours plus tard, ma mère est partie. Pour toujours.

Sangue est un film qui raconte une histoire écrite par la vie. "Je ne pourrais jamais faire une œuvre d’art qui ne soit contaminée par ma vie" écrivait Antonin Artaud, le poète qui fut enfermé en hôpital psychiatrique durant de nombreuses années. Dans ce film, deux vies différentes se croisent ; deux vies qui, en apparence, sont si éloignées l’une de l’autre que rien ne semble pouvoir les rapprocher. Ma mère, avec sa passion pour Dieu, et Giovanni, ex-terroriste qui n’a jamais rien raconté, qui a préféré le silence. Et au milieu, telle une ombre silencieuse, Anna, la compagne de Giovanni qui a attendu de le voir libre pour s’en aller elle aussi, comme ma mère, comme les personnes que nous aimons, que nous avons aimées, qui nous ont aimés, comme les personnes que nous avons tuées, comme les personnes à qui nous avons donné la vie, comme les personnes qui nous ont donné la vie.

Ce sang est celui qui jaillit après un coup de fusil, qui jaillit au moment de la mort et au moment de la naissance. C’est le symbole du meurtre, le symbole de la mort, mais aussi celui de la naissance, de l’amour, de la vie.

Ce sang est celui qui se régénère, de toute façon, quoi qu’il arrive.

Pippo Delbono, Note du réalisateur - Dossier de presse, Les Films du Paradoxe, 2014

Metteur en scène, acteur, danseur et auteur de ses spectacles, Pippo Delbono (1959) est considéré comme l’un des créateurs de la scène théâtrale contemporaine les plus innovants. Cinéaste singulier, avec sa petite caméra il capte des instants de la vie auxquels il donne ensuite la logique du récit. Sangue (2013) est son cinquième long-métrage.

    • SANGUE

      Étrange rencontre que celle de Pippo Delbono, homme de théâtre, comédien, cinéaste, et de Giovanni Sanziani, un ancien leader des Brigades Rouges arrêté en 1982 et libéré en 2010. Pippo Delbono veut dialoguer avec lui sur des sujets importants tels que l’idée de révolution, la violence, la mort. Mais voilà que la mort s’invite dans le film. C’est d’abord la mère de Pippo, Margeherita, malade, qui décède, suivie peu de temps après par Anna, la fidèle compagne de Giovanni qui l’a attendu jusqu’à la fin de sa peine. Les deux hommes se retrouvent seuls.

       « Un soir, j’étais au chevet de ma mère et, d’un geste anodin, elle me tendit un mouchoir rempli de son sang qu’elle perdait depuis un moment déjà. Me voyant chercher, embêté, un endroit où le poser, elle me dit sur son ton un peu brusque : "Mais enfin, dépose-le là… Ah, Pippo, tu es peut-être un grand artiste mais dans la vraie vie, tu ne sais absolument rien faire."

      Quelques jours plus tard, ma mère est partie. Pour toujours.

      Sangue est un film qui raconte une histoire écrite par la vie. "Je ne pourrais jamais faire une œuvre d’art qui ne soit contaminée par ma vie" écrivait Antonin Artaud, le poète qui fut enfermé en hôpital psychiatrique durant de nombreuses années. Dans ce film, deux vies différentes se croisent ; deux vies qui, en apparence, sont si éloignées l’une de l’autre que rien ne semble pouvoir les rapprocher. Ma mère, avec sa passion pour Dieu, et Giovanni, ex-terroriste qui n’a jamais rien raconté, qui a préféré le silence. Et au milieu, telle une ombre silencieuse, Anna, la compagne de Giovanni qui a attendu de le voir libre pour s’en aller elle aussi, comme ma mère, comme les personnes que nous aimons, que nous avons aimées, qui nous ont aimés, comme les personnes que nous avons tuées, comme les personnes à qui nous avons donné la vie, comme les personnes qui nous ont donné la vie.

      Ce sang est celui qui jaillit après un coup de fusil, qui jaillit au moment de la mort et au moment de la naissance. C’est le symbole du meurtre, le symbole de la mort, mais aussi celui de la naissance, de l’amour, de la vie.

      Ce sang est celui qui se régénère, de toute façon, quoi qu’il arrive.

      Pippo Delbono, Note du réalisateur - Dossier de presse, Les Films du Paradoxe, 2014

      Metteur en scène, acteur, danseur et auteur de ses spectacles, Pippo Delbono (1959) est considéré comme l’un des créateurs de la scène théâtrale contemporaine les plus innovants. Cinéaste singulier, avec sa petite caméra il capte des instants de la vie auxquels il donne ensuite la logique du récit. Sangue (2013) est son cinquième long-métrage.

    • Réalisation
      Pippo Delbono
    • Scénario
      Pippo Delbono, Giovanni Senzani
    • Image
      Fabrice Aragno, Pippo Delbono
    • Montage
      Fabrice Aragno
    • Musique
      Camille, Victor Deme, Stefan Eicher
    • Producteur (s)
      Pippo Delbono
    • Productions
      Compagnia Pippo Delbono, Casa Azul Films, en collaboration avec Cinémathèque Suisse, RSI Radiotelevisione svizzera italiana, Vivo Film, Rai Cinema, avec le soutien de Genova Liguria Film Commission, Mediateca Ligure, Teatro San Carlo di Napoli
    • Distribution France
      Les Films du Paradoxe
    • Interprètes
      Pippo Delbono, Giovanni Senzani, Bobò, Margherita Delbono, Anna Benzi
    • Année
      2013
    • Durée
      1h 32
    • Pays de production
      Italie, Suisse
    • Format
      VOST
    • Citation
      J’ai le sentiment de jouer un peu avec le côté absurde de la vie et de la mort
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