Des nuages gris menaçants, au-dessus du Vésuve et de la mer. Entre les deux, une vaste agglomération, Naples et communes limitrophes, parcourue par les trains de la Circumvesuviana, la voie ferrée parallèle à la mer, Naples… Portici… Ercolano… Torre Annunziata… Pompéi… Une menace bien plus grave tient en éveil les habitants. Ici périodiquement la terre tremble, par endroits il en sort des fumerolles… À la moindre alerte, le central téléphonique des pompiers est pris d’assaut. Il leur faut rassurer. Et la vie continue… comme elle continuait jadis, juste avant qu’en quelques heures Pompéi, Herculanum, Stabies soient ensevelies sous la lave et les cendres. Pompéi, Herculanum, Stabies renaissent par le travail minutieux des archéologues (mais aussi pillées par les tombaroli) et témoignent de la fragilité d’une civilisation, aussi brillante fût-elle, quand se déchaînent les forces aveugles de la nature.
« Sotto le nuvole est un film sur des lieux, des espaces, des situations, des personnes. Trois années de rencontres transformées en film. Trois années de vie résumées dans une intrigue où Naples, le golfe, Pompéi, Herculanum, le sous-sol, la Circumvesuviana, sont le décor d'un récit fait d'histoires de vies différentes. Des histoires de ceux qui vivent dans ces lieux, comme les gestes attentionnés de la conservatrice d'un musée, les paroles et les actions rassurantes des pompiers, celles d'un instituteur des rues dans son local à Torre Annunziata. Ou encore la vie de jeunes marins embarqués sur des navires syriens qui transportent du blé ukrainien pour notre pain et nos pizzas. Des archéologues japonais qui enquêtent sur un passé fait de ruines, de graines, d'os d'animaux. Sous les nuages est un voyage à l'intérieur d'un territoire, comme une exploration, une constellation de signes, de voix, d'ombres et de présences, de dévotions... Tous les personnages rencontrés de dévouent pour quelque chose : une idée, une vérité, un geste, un souvenir. La dévotion n'a pas de connotation religieuse au sens strict, mais prend un caractère rituel, parfois sacré. C'est une forme d'abandon et, en même temps, de résistance. Pendant le tournage, des liens se créent, des connexions nécessaires, des formes de proximité, d'intimité et de confiance dans les regards. »
Gianfranco Rosi, Dossier de presse« Qu'on soit fan ou non de l’œuvre de Gianfranco Rosi, son nouveau long métrage, passé par la Mostra de Venise, d'où il est reparti avec le Prix Spécial du Jury, mettra peut-être tout le monde d'accord. Vision méta d'un territoire soumis à un risque majeur, celui d'une éruption qui s'est déjà produite il y a fort longtemps, trace invisible dans une mémoire collective entre traumatisme et fascination pour Pompei, ville romaine ensevelie, Pompei, sotto le nuvole laisse la parole aux locaux et à leur ressenti de bien belle manière. S'ouvrant par une citation de Cocteau (« Le Vésuve produit tous les nuages du monde »), le film adopte un noir et blanc couleur cendres des plus léchés, pour mieux prendre du recul sur le sentiment de danger.
Ponctuant son portrait plutôt sombre, de respirations prenant la forme de moments où l'on entend des enregistrements d'appels aux pompiers, tantôt dramatique dans ce qu'ils disent de l'humanité (des violences conjugales...), tantôt irrésistiblement drôles, Gianfranco Rosi revient également sur ses thèmes de prédilection : exploitation des gens, migrations économiques, construisant ça et là des parallèles troublants. Questionnant la stabilité d'un territoire, au sens propre (ouvertures de cavités, éboulements, salles de spectacle en ruine...), comme au figuré (traces de l'Histoire, évolutions sociales, refuges divers dont religieux...), le film prend finalement aussi une dimension universelle. On en ressort en tous cas, des images sublimes plein les yeux, avec un aperçu de ce que peut signifier l'(entr)aide (envers certaines populations, entre générations...), conscients que le sentiment de peur, répandu, n'est pas la bonne direction. »
Olivier Bachelard, abusdecine.com
- RéalisationGianfranco Rosi
- ScénarioGianfranco Rosi
- ImageGianfranco Rosi
- MontageFabrizio Federico
- MusiqueDaniel Blumberg
- Producteur (s)Gianfranco Rosi, Donatella Palermo
- Productions21Uno Film, Stemal Entertainment, Rai Cinema, Les Films d’Ici-Arte France Cinéma, avec la contribution du Ministero della Cultura et le soutien de Film Commission Regione Campania
- Distribution FranceMétéore Films
- InterprètesMaria Morisco (archéologue), Giorgio Albano (photographe), Aria Chianese, Sergio Lamagna, Giuseppe Plebe (pompiers), Nunzio Fragliasso (procureur), Salvatore Sorrentino ‘Titti’ (instituteur), Masanori Aoyagi, Katsuhiro Iwaki, Satoshi Matsuyama, Mariko Muramatsu, Cohe Sugiyama (archéologues japonais), Abdullah Rahhal, Ismail Ahmad, Ahmad Maksour (marins)
- Année2025
- Durée114 min
- Pays de productionItalie, France
- Citation« Comme suspendus dans le temps… »

