2021… l’embellie !

Festival du Film Italien de Villerupt Blog

2021… l’embellie !

  • il y a 1 mois

Cinq films italiens en compétition à Venise. On n’avait pas vu une telle présence massive de films italiens dans la sélection officielle de la Mostra depuis bien longtemps. Les interprétations ont été diverses et variées : d’aucuns ont parlé d’alignement sur Cannes car on sait bien que le cinéma français est toujours très bien représenté sur la Croisette, d’autres y ont vu une sorte de « fierté nationale » presque la suite naturelle de la victoire aux Championnats d’Europe de football. Mais d’autres encore ont tout simplement admis que peut-être le cinéma italien a encore une certaine vitalité et sa raison d’être, malgré les déboires de près de deux ans de fermeture du fait de la pandémie. Il est vrai que pendant que nous écrivons ces notes, il y a une centaine de tournages en cours en Italie, une poussée de la production tout à fait comparable à celle des années 1960, lorsqu’en Italie on réalisait 400 films par an. Et il est scientifiquement prouvé que lorsque la production est si vaste, la fréquence des chefs-d’œuvre est plus élevée.

Il va de soi que n’est pas or tout ce qui brille. Le cinéma italien continue à être confronté à deux problèmes structurels qui étaient totalement inconnus dans les années 1960. Le premier est que les films italiens s’exportent très peu et que, hormis quelques cas, mais qui sont des exceptions, ils ne parviennent pas à conquérir des segments de marché à l’étranger. L’autre est que la grande majorité des films italiens ont de grandes difficultés de distribution, une situation qui va d’ailleurs s’aggraver en raison de la fermeture de nombreuses salles d’essai du fait des déficits causés par la Covid. Ce ne sont pas des problèmes mineurs et, surtout, ils ne sont pas faciles à résoudre. Ils risquent d’étouffer les bouffées d’optimisme provoquées par l’augmentation du nombre de films en cours de réalisation. Peut-être n’y a-t-il pas lieu d’être optimiste ou pessimiste, mais certainement de chercher des moyens de régler cette fracture indubitable qui existe entre le cinéma italien et le public en Italie.

Entre autres parce que certains beaux films commencent à circuler. Marco Bellocchio, du haut de ses quatre-vingts ans, ne manque jamais son coup. Mario Martone, plus jeune d’une vingtaine d’années, a réalisé un film fort : sa reconstitution libre de la vie et de la pensée d’Edoardo Scarpetta, très bien interprétée, est en mesure de donner un souffle universel à la commedia dell’arte, la forme d’art la plus typiquement italienne. Paolo Sorrentino a creusé de façon originale dans les fantômes de son histoire personnelle, comme Pupi Avati dans la saison en cours. Quatre auteurs qui sont déjà des classiques, mais qui savent, chacun à sa façon, combiner la volonté de se rapprocher du public avec la proposition d’un cinéma de recherche, fait de matériaux (images, histoires, dialogues) décidément inhabituels.

Steve Della Casa est l’un des fondateurs du Festival du film de Turin qu’il a dirigé jusqu’en 2002. Il a ensuite présidé pendant sept ans la Piemonte Film Commission et dirigé pendant six ans le Roma Fiction Fest. Depuis 1994, il est l’auteur et l’animateur de l’émission Hollywood Party sur Rai – Radio 3. Il a remporté un Ruban d’argent pour son documentaire sur Lorenza Mazzetti. Il a publié en Italie et à l’étranger des essais sur le cinéma pour les éditions Einaudi, Laterza, Mondadori. Il collabore au journal La Stampa. Il est fan du Torino FC.

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